L’inquiétude monte parmi les consommateurs français suite à une récente enquête qui met en lumière la contamination inquiétante des conserves de thon par le mercure. Cette découverte pose de sérieuses questions sur la sécurité d’un aliment largement consommé.
Contamination au mercure : Une menace dans les conserves de thon
En février 2025, une étude a passé au crible 148 échantillons de thon en conserve distribués en Europe. Les résultats sont troublants : toutes les boîtes contenaient du mercure, et pour 10 % d’entre elles, les niveaux dépassaient dangereusement la limite légale de 1 mg/kg. Particulièrement, des boîtes de Petit Navire chez Carrefour City affichaient jusqu’à 3,9 mg/kg, soit dix fois le seuil légal. D’autres marques comme Cora, Carrefour Discount, Saupiquet et Pêche Océan ne sont pas en reste avec des niveaux préoccupants. Ce rappel de l’alerte relative aux infusions contaminées par un pesticide interdit accentue encore l’urgence de la situation. Pourtant, Petit Navire conteste ces découvertes, affirmant que ses propres tests sur trois ans n’ont jamais montré de tels dépassements. Ces divergences incitent à une plus grande vigilance lors de l’achat.
Pourquoi le thon est-il aussi sujet à la contamination par le mercure ?
Le mercure s’accumule dans le thon en raison de sa position dans la chaîne alimentaire. En tant que grand prédateur, le thon consomme des poissons déjà contaminés, ce qui entraîne une bioaccumulation dans ses tissus. Ce phénomène est amplifié par deux facteurs : l’âge avancé des thons capturés et la pollution des zones de pêche. Les eaux asiatiques et indiennes, par exemple, sont fortement touchées par les polluants, ce qui rend leurs habitants particulièrement vulnérables à une contamination significative.
Guide pour choisir son thon sans risque pour la santé
Bien qu’il soit difficile de trouver des conserves totalement exemptes de mercure, certaines marques apparaissent plus sûres. Les produits de Monoprix, Casino (notamment le thon blanc germon) et Phare d’Eckmühl affichent généralement moins de 0,3 mg/kg de mercure. Pour réduire le risque d’exposition, il est conseillé de :
- Privilégier des espèces comme le thon listao ou germon plutôt que l’albacore.
- Examiner l’origine géographique du poisson indiquée sur l’emballage.
- Diversifier ses sources de protéines pour éviter une consommation accrue de thon.
Cette situation relance les débats sur la nécessité de renforcer les normes européennes d’ores et déjà en place depuis 2015. Des experts appellent à une réglementation plus stricte et à un étiquetage clair précisant l’origine et l’âge des poissons.
Vers une industrie plus responsable
Cette alerte pourrait bien être un élément déclencheur pour une transformation au sein de l’industrie de la mer. Les consommateurs, mieux informés des dangers potentiels, demandent plus de transparence et de qualité des fabricants. Le thon en conserve demeure une source précieuse de protéines et d’oméga-3, mais une consommation prudente et éclairée est désormais nécessaire. Se pose ainsi la question centrale : les producteurs saisissent-ils cette occasion pour améliorer leurs procédés et regagner la confiance des consommateurs ?


