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Retraite des agriculteurs : dès 2026, ce nouveau calcul sur vos 25 meilleures années peut tout changer (et offrir une hausse surprise dès 2028)

Les exploitants agricoles disposent enfin d’un calendrier clair : à compter de 2026, leur pension de base sera déterminée d’après leurs 25 meilleures années de revenus ou de points. Une avancée majeure pour des carrières souvent soumises aux aléas climatiques et économiques, même si les effets financiers varieront selon les situations. Tour d’horizon des changements, de leur logique et des questions qu’ils soulèvent.

Pourquoi une réforme spécifique aux agriculteurs ?

Jusqu’ici, les non-salariés agricoles voyaient leur pension calculée sur l’ensemble de leur carrière. Cette méthode les désavantageait lourdement :

  • Les revenus agricoles fluctuent d’une année sur l’autre, parfois de plus de 30 % entre une bonne et une mauvaise récolte.
  • Un agriculteur peut consacrer plusieurs années à des investissements (renouvellement du matériel, achat de foncier) qui pèsent sur son bénéfice imposable.
  • Au final, la moyenne de toute la carrière écrasait les « bonnes » années, faisant tomber la pension de base à environ 1 150 € brut mensuels, contre plus de 1 500 € pour la plupart des autres retraités.

Le nouveau dispositif vise donc à gommer ces effets en ne retenant que les périodes les plus favorables, comme c’est déjà le cas pour les salariés du privé et les travailleurs indépendants non agricoles.

La logique des 25 meilleures années

Concrètement, la pension de base s’appuiera sur la moyenne des revenus (ou des points) des 25 années les plus avantageuses de la carrière ; un principe qui peut changer la donne dans trois situations typiques :

  • Carrières en dents de scie : un éleveur ayant connu plusieurs années de crise pourra « gommer » ces périodes difficiles et retenir les années plus fastes.
  • Entrées tardives dans la profession : un salarié devenu exploitant à 40 ans ne sera plus pénalisé par les revenus modestes de ses débuts agricoles.
  • Transition progressive vers la retraite : un exploitant qui réduit son activité avant de cesser pourra voir ces dernières années moins rémunératrices exclues du calcul, à condition d’avoir 25 années meilleures dans le passé.

À titre d’exemple, un céréalier ayant réalisé en moyenne 28 000 € de revenus sur ses 25 meilleures années (sur 40 de carrière) obtiendra une assiette de calcul basée sur ces 28 000 €. Auparavant, sa pension aurait été établie sur la moyenne d’environ 20 000 € si l’on tenait compte de toute la carrière, dont plusieurs années à 12 000 €.

Un calcul en deux temps pour les carrières avant et après 2016

La MSA distingue deux périodes :

  • Avant le 1ᵉʳ janvier 2016 : les droits ont été enregistrés en « points ». Les 25 meilleures années seront repérées selon la valeur de ces points.
  • À partir du 1ᵉʳ janvier 2016 : les revenus annuels réels ont été conservés ; on retiendra donc les 25 meilleures années de revenus si elles se situent dans cette période ou en complément de la première.

Si un exploitant a 45 ans de carrière, l’algorithme recherche d’abord les 25 années présentant soit le plus grand nombre de points (avant 2016), soit le revenu le plus élevé (après 2016), puis effectue une « double liquidation » pour aboutir à la pension la plus favorable.

Quel gain de pension espérer ?

Tout dépend du parcours individuel. Les projections de la MSA évoquent :

  • Gains modérés (+2 % à +5 %) pour les exploitants ayant eu des revenus relativement stables.
  • Gains significatifs (+8 % à +15 %) pour ceux qui ont connu de longues périodes de faibles revenus entrecoupées de belles années.
  • Peu ou pas de changement pour les carrières courtes (moins de 25 ans d’activité agricole) ou avec des revenus restés faibles sur la quasi-totalité de la durée.

Exemple :
• Marie, apicultrice, a perçu en moyenne 15 000 € par an entre 1995 et 2010, puis 25 000 € entre 2011 et 2025 après avoir diversifié ses produits. Ancien calcul : moyenne sur 31 ans ≈ 19 000 €. Nouveau calcul : 25 meilleures années à 25 000 € ; gain d’environ 30 % sur la base de retraite.

Le calendrier d’application : 2026, 2027, 2028 et après

  • 1ᵉʳ janvier 2026 : entrée en vigueur de la règle des 25 meilleures années pour tous les nouveaux retraités. La pension est toutefois d’abord calculée avec l’ancienne méthode pour les départs en 2026-2027.
  • 2026-2027 : période transitoire. Les pensions versées reposent encore sur l’ancien calcul, mais les droits sont enregistrés pour un futur réexamen.
  • 2028 : recalcul automatique par la MSA pour tous les retraités partis en 2026 ou 2027. Deux issues possibles :
    • Pension inchangée si le nouveau calcul est équivalent ou moins favorable.
    • Pension revalorisée – avec versement rétroactif – si les 25 meilleures années procurent un avantage financier.

Cette « clause de sauvegarde » garantit qu’aucun retraité ne verra sa pension baisser : au pire, elle restera identique, au mieux, elle augmentera.

Faut-il différer son départ à la retraite ?

Décider de repousser ou non sa date de liquidation dépend de plusieurs critères :

  • Âge et trimestres : si vous atteignez à peine l’âge légal, attendre deux ans peut accroître votre pension via le nouveau calcul, surtout si vos dernières années ont été bonnes.
  • Santé et rythme de travail : le maintien d’une activité agricole est parfois pénible ; partir plus tôt peut préserver votre santé, même si la pension est provisoirement plus faible.
  • Projections de revenus : un éleveur prévoyant une conjoncture favorable jusqu’en 2027 pourrait engranger de nouvelles « bonnes » années, améliorant son futur calcul de 2028.

Le conseil reste le même : sollicitez un entretien individuel avec la MSA pour faire simuler plusieurs scénarios de départ.

Perspectives et points de vigilance

  1. Retraite complémentaire : la réforme ne modifie pas le calcul de la partie complémentaire, déterminée en points selon les cotisations versées.
  2. Inflation et revalorisations : si l’inflation se maintient à 4 % sur plusieurs années, chaque gain de 100 € mensuels pèsera davantage sur le pouvoir d’achat réel.
  3. Cumul emploi-retraite : après la liquidation, la poursuite d’une activité agricole est possible sous conditions ; les revenus générés ne compteront toutefois pas pour un nouveau calcul en 2028.
  4. Transmission d’exploitation : la date de retraite doit aussi s’harmoniser avec la cession ou la reprise de l’outil de travail afin de bénéficier d’aides à l’installation optimales pour le repreneur.

En somme, la bascule vers le calcul sur les 25 meilleures années est une bouffée d’air pour nombre d’agriculteurs, mais elle réclame une vraie stratégie individuelle. Dès maintenant, récoltez vos relevés de carrière, identifiez vos années les plus rémunératrices et échangez avec votre caisse : c’est le meilleur moyen de transformer la réforme de 2026 en une véritable opportunité, et d’attendre 2028 avec confiance plutôt qu’avec incertitude.

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