En aparté…
Il faisait beau en ce début de semaine. Un beau soleil bien éclatant, un vrai temps d’été, un vrai climat de juillet. Ah ! La belle canicule qu’on nous agitait sous le nez…il n’en est rien chers amis, petits et grands lecteurs de Wiiz. C’est bien un temps maussade que nous devons affronter depuis des mois. Mais par chance, ce lundi, il en fut tout autrement. C’est normal j’avais pour mission, délivré par ZaK en personne, de me rendre au show-room d’EA à Paris. Une présentation de jeux, voilà de quoi illuminer la capitale. De quoi même enjoliver le tortueux métro parisien. C’est donc plein de bonnes intentions, et fraîchement levé, que je me rends aux alentours de 10h30 à l’hôtel Intercontinental, près de l’Opéra Garnier (histoire de faire un peu de culture), pour voir d’un peu plus près ce que le géant américain nous réserve. Au programme, un seul jeu jouable pour la Wii. FaceBreaker, un jeu de boxe aussi délirant que jouissif.
Mon petit sac sur le dos, le sourire aux lèvres, portant le flambeau de Wiiz au cœur de journalistes hostiles, j’arrive à l’heure au fameux hôtel. Quel choc ! De ma vie, j’ai rarement vu établissement plus joli. Je suis époustouflé, ose à peine pénétrer cet amas de luxe. Un groom, je demande mon chemin, monte à l’étage. On m’accueille et me dirige vers le fond d’un couloir. Petit déjeuner rapide, coups d’œil aux dorures, à l’étalage de marbre, aux tableaux somptueux. J’en reste sans voix. Mais rapidement je reprends mes esprits. Je suis là pour vous faire un compte-rendu de la version Wii de FaceBreaker. On y va. L’ensemble des journalistes, dont moi, se dirige vers une salle de taille moyenne. Deux américains, membres de l’équipe de développement (designers pour faire vite), nous accueillent avec le sourire. Alors commence la présentation globale du jeu.
« for wii gamers »
Tout d’abord, FaceBreaker n’est rien d’autre qu’une nouvelle licence. Cela a le mérite d’être souligné tant EA est avare de nouveautés. Mais les choses changent et même le géant américain délaissa sa ritournelle. FaceBreaker augure également la création d’un nouveau pôle chez EA. Le bien-nommé, EA Freestyle. Ce nouveau groupe est la création de Peter Moore, ancien de chez Microsoft et nouveau transfuge pour Electronic Arts. Ce nouveau groupe a pour mission, c’est ce que nous explique l’un des américains, de créer des jeux funs et résolument arcades. D’où FaceBreaker, successeur du mythique mais quand même un peu surestimé Ready To Rumble sur Dreamcast. C’est d’ailleurs le dernier jeu de boxe arcade à être sorti sur console de salon. Désormais avec FaceBreaker c’est toute une tradition qui renaît. Les Punch-out et compagnie qui avaient égayé nos journées que les moins de 16 bits ne peuvent pas connaître. L’intention est louable mais quand est-il de la qualité ?
On nous le certifie très rapidement, cette version Wii n’est pas un simple portage limité et faible comme on a pu en subir des dizaines et des dizaines de fois depuis la naissance de la console de Big-N. Deux studios ont travaillé sur le jeu. Un sur la version next-gen et l’autre sur la version Wii. On nous le répète, le jeu a été pensé « for wii gamers », pour les joueurs de Wii. Un tel discours fait toujours plaisir à entendre, même si cela reste un discours. De plus, l’un des américains en profite pour égratigner en cette fin de présentation globale les jeux Wii de qualité médiocre. Vous savez ces jeux où l’on agite les wiimotes, où nos gestes ne correspondent pas à ce que l’on voit à l’écran. Décidément, ces américains me plaisent. Mais s’arrêter à quelques belles paroles n’est pas mon genre, voyons donc ce que ce FaceBreaker a dans le ventre.
Boxeurs et environnements
Tout d’abord, avant de parler du gameplay ou autres aspects techniques, évoquons quelque peu les boxeurs disponibles dans le jeu. A ce niveau-là tout va bien puisque l’on retrouve le même nombre de boxeurs sur Wii et sur 360. Petite surprise même puisqu’un boxeur exclusif à la Wii viendra s’immiscer sur nos chères galettes. C’est pas beau ça ! Les boxeurs seront tous des stéréotypes, cet état d’esprit collant parfaitement avec l’aspect arcade du jeu. On retrouvera donc Ice, un jeune noir athlétique très fashion avec des cheveux bleus, Roméo l’espagnol danseur de flamenco, Kiriko la jeune lolita japonaise et raveuse à ses heures perdues, Kekoa un surfeur, Spin le DJ noir, Molotov le russe taillé comme un bulldozer, Steve l’otaku qu’aime tant Laurent Fischer et j’en passe.
Au total 12 boxeurs de visible avec plusieurs costumes disponibles pour chacun. Ce n’est certes pas énorme mais peut-être que des surprises pointeront le bout de leur nez au court du jeu. Pour tout avouer, je n’ai été que moyennement emballé par l’esthétique de ces boxeurs loufoques, ce que « vous ne verrez pas en boxe » comme le dirait le designer du jeu. Beaucoup moins délirant qu’un Ready To Rumble, et aussi moins inspiré, les boxeurs affichent quand même une belle trogne avec heureusement deux ou trois cogneurs qui sortent du lot. J’ai failli oublier mais 10 environnements seront disponibles, le même nombre sur Wii et 360. On retrouvera l’Asile, le Zoo ou encore le Garage. Mais malheureusement rien n’est égal en ce bas monde. Et la Wii gagne peut être sur certains points mais perd aussi beaucoup…
Direction => Multijoueurs
En effet, par rapport à la version 360, chers lecteurs, nous perdons la « Fabrique de boxeurs ». Cette formidable possibilité de créer de A à Z notre athlète. Soit avec une photo, soit à partir d’un modèle existant. Je sais c’est triste. On perd également quelques possibilités comme créer ses moments forts. Bref, une règle trop souvent de mise pour les versions Wii des jeux multi-plateformes. Triste réalité. Mais EA fait bien les choses et propose aux possesseurs de Wii des modes exclusifs et pas vilain du tout. Quatre modes vous ouvriront leurs bras. Un mode solo, que je n’ai malheureusement pas pu essayer, ainsi qu’un mode arcade. Pour ce dernier, la formule reste simple. On choisit un boxeur puis l’on se décide. Soit on opte pour le 1 contre 1 traditionnel (avec un ami), soit on enchaîne les combats contre l’ordinateur en battant tous les boxeurs un par un. Classique mais efficace.
Les deux autres modes sont eux taillés pour le multi. Un premier qui ressemble à une « Team Battle ». En effet, deux équipes se forment, chacune de trois boxeurs, et l’on se bat toujours en un contre un, équipe contre équipe. On choisit son boxeur en fonction de l’autre, histoire d’élaborer un semblant de stratégie. C’est assez intéressant et prometteur. L’autre mode est lui plus simple mais également efficace puisqu’il s’agit de faire des matchs pour faire tourner rapidement les manettes. Le gagnant continue à jouer, le perdant passe le combo de la Wii à quelqu’un d’autre. Ca promet de belles soirées en perspective avec quelques vannes à la clef. Encore une fois, ça reste classique mais efficace. Et heureusement que les modes multi sont aussi pertinents quand l’on sait qu’il n’y aura pas de mode online pour la version Wii. C’est là qu’on sort ses mouchoirs…
Un gameplay Vif et Réactif !
Parlons maintenant gameplay après avoir tant parlé du contenu. Pour la Wii, EA a développé trois types de gameplay. Je n’ai pu m’essayer qu’au mode normal (avec le combo Wiimote/Nunchuk) mais il existe aussi un gameplay plus orienté casual et un autre dont on ne m’a rien dit. Probablement un mode avancé, comme on le voit souvent chez l’éditeur. La prise en main du jeu se révèle étonnamment rapide. Pas besoin d’heures d’apprentissage ni de nombreux essais, on parvient bien vite à gérer notre boxeur au look absurde. En effet, le jeu se joue normalement avec la Wiimote et le Nunchuk. La base se révèle intuitive. Un coup de Wiimote vers l’avant et c’est une droite que l’on décoche, le Nunchuk et c’est un gauche qui part. Logique implacable. A partir de là, on développe quelques subtilités…
Par exemple, il est possible de bloquer en restant appuyer sur "Z". La droite de la croix directionnelle permet elle de saisir et projeter l’ennemi, histoire de respirer un peu lorsque le combat devient rude. Le bas de la croix permet lui de lancer une attaque spéciale. Chaque boxeur a la sienne. Par exemple, Steve, le geek, pourra se téléporter pour arriver sur le boxeur adverse et le jeter dans les cordes. C’est très sympa à déclencher et ça peut très bien s’intégrer à une stratégie de fond. Il est aussi possible de se déplacer rapidement avec le dash, c’est-à-dire en poussant rapidement le joystick à gauche ou à droite. Enfin, le bouton "B" maintenu permet lui de donner des coups bas. Mais passons à l’étape supérieure !
Frapper toujours plus Fort !
Il est possible, chers lecteurs, de frapper bien plus fort dans FaceBreaker. Par exemple, en levant à hauteur d’épaule la Wiimote, on charge son poing de puissance. Un balancer de télécommande et c’est une belle frappe qu’on assène à l’adversaire. Mais le plus intéressant arrive. Dans FaceBreaker, le joueur peut voir en bas à gauche ou à droite, en fonction de son boxeur, une petite jauge. Celle-ci se remplit lorsque l’on enchaîne son adversaire sans prendre un coup. Plusieurs paliers composent cette jauge. Quand une, ou plusieurs, jauge est remplie on balance la Wiimote avec le bouton "A" appuyé pour lancer une grosse attaque. Plus la jauge est remplie, plus l’attaque est importante. Le dernier palier symbolisant le « Fabreaker », vous mettez K.O votre adversaire en lui refaisant le visage aux gants de boxe. Dur à placer mais magnifique quand on réussit.
Pour finir, évoquons comme il se doit les graphismes. Et pour de la Wii, il faut le dire, le jeu est vraiment pas mal du tout. Certes, ce ne sera pas le plus beau jeu de la console, il ne rentrera pas dans le top five, mais il affiche quand même un rendu de qualité. Les boxeurs sont bien modélisés, l’animation est bonne et les décors restent eux aussi d’une bonne teneure. Evidemment, le niveau de détail, la richesse des textures est inférieure à ce que l’on voit sur 360. A noter aussi un peu d’aliasing sur Wii, mais tout cela reste très léger. Bref, un constat globalement positif mais pas impressionnant. En tous les cas, le jeu reste bien plus technique qu’il n’y parait et beaucoup plus vif et rapide qu’un Ready To Rumble pour les connaisseurs.
FacerBreaker K.O. Party, pub !
Avis : FaceBreaker m’a convaincu. Je n’en suis pas ressorti enthousiaste mais quand même satisfait. Un rendu graphique vraiment pas mal, une animation qui a de la gueule et un gameplay bien pensé. On mettra quand même un petit bémol à la reconnaissance de mouvements. Bien meilleur qu’un Wii Boxe, on n’atteint toujours pas l’excellence avec une petite latence voir quelques mouvements non reconnus. Mais pour être honnête, la chose est minime et le jeu se révèle au final très jouable et diablement agréable. Voilà sûrement les limites de la Wiimote sans le fameux « motion plus » découvert à l’E3 2008. Enfin bref, si vous vous languissiez d’un nouveau Ready To Rumble, annoncé sur Wii il y a bien longtemps et égaré depuis, et si l’absence d’un Punch-Out vous chagrine n’hésitez plus ! Attendez la mi-novembre pour voir arriver FaceBreaker sur Wii. Parole de cogneur !