Civilization sur DS, une bonne idée !
Sid Meier, c’est un peu une de nos « vieilles » légendes du jeu vidéo. Un créateur sévissant depuis des années, des décennies même, et devenu une sommité dans un genre qu’il a considérablement enrichi. Le jeu de stratégie au tour par tour. La DS n’est pas des plus fournis à ce niveau-là. On compte, avec peine, un Battles of Prince of Persia ainsi qu’un opus de la série Ages of Empires. C’est peu, certes des titres de qualité mais niveau quantité on se sert la ceinture. Sid, maître du genre, aurait pu enterrer la concurrence avec une énième déclinaison de sa saga Civilization. Seulement la route vers la gloire est aussi longue, sinueuse et dangereuse que celle du développement d’un jeu vidéo. Sympa mais peut mieux faire Mr Sid.
Les joueurs PC connaissent bien Sid Meier et sa fameuse série Civilization. Quatre opus et un nombre incalculables de déclinaisons. Sid connait son sujet, sait gérer sa série comme il le faut même si certains diront que le bonhomme a un peu tendance ces dernières années à s’endormir sur ses lauriers. C’est donc peu de temps après l’arrivée d’un opus spécial next-gen, pensé pour le pad et les consoles de salon, que Sid nous propose une version DS de sa Révolution. On frémit d’impatience, tout joyeux à l’idée de pouvoir essayer cette version portable, l’homme étant peu enclin à privilégier ce support. Et puis, il faut bien le dire, on se console comme on peut en pensant à la version Wii sacrifiée pour on ne sait trop quelle raison. Tant pis. En guise d’excuse, Sid nous sert un nouvel opus très proche des précédents. Comme toujours, ou presque, il s’agit de partir du bas de l’échelle sociale pour la gravir et atteindre les sommets à force d’efforts, de compromis et d’un peu de diplomatie.
Un solo très complet…
Dans ce nouvel opus, le joueur commencera chaque partie en choisissant le conquérant qu’il souhaite incarner. Un panel de grands hommes nous est proposé tel Napoléon, Gandhi, Bismark, Tokugawa et j’en passe. Les dirigeants les plus charismatiques sont là, ou presque. La présentation très cartoon, bd même, nous signale l’angle choisi par Sid pour cet opus. Un petit côté décalé, du second degré mais là encore on n’est pas bien loin des opus PC de la série. Une saga jouant fortement sur l’humour et le détournement volontaire, et ludique, de l’histoire (anachronismes…). Ainsi ne vous attendez pas à revivre la formation de l’empire par Napoléon ou les heures de gloire de la Prusse avec Bismark. Rien de tout cela. On incarne à chaque fois une civilisation partant de zéro.
Former une première ville, explorer les alentours, fonder une autre ville, rencontrer les autres civilisations, jouer de la diplomatie ou des armes etc…Le but étant toujours d’arriver le « premier ». Soit par les armes, en conquérant le plus de villes possible, soit par le génie de votre civilisation, vos progrès amenant d’autres empires à vous rallier. Une vieille formule qui ne change pas vraiment pour son passage sur DS. Le mode solo s’avère de nouveau, c’est un peu la règle avec un Civilization, bien étoffé. Il est possible de jouer une carte aléatoire en choisissant un conquérant à incarner, un scénario vous permettant de revivre les grands moments de l’Histoire (évoqués avec plus ou moins de liberté) comme la Blitzkrieg, l’attaque des Huns ou bien des scénarios inventées comme l’Apocalypse ou même encore des objectifs à atteindre. Enfin, pour clore le solo, le joueur a à sa disposition « la partie de la semaine », téléchargeable avec le Wifi.
Créer, c’est un métier !
Le multi n’est pas en reste, loin de là, avec des matchs en local ou bien en online. Bref, sachant que les parties sont longues dans ce genre de jeu, on peut dire que le soft est quantitativement à la hauteur. Tout dépendra de votre addiction. La consistance de l’opus pouvant alors aller d’une petite dizaine d’heures au double voir au triple. La partie commence avec bien peu d’éléments à votre disposition. Un colon et c’est parti pour la création de votre première ville. Chaque ville peut être gérée de manière simple mais diablement efficace. Avec les boutons "L" et "R" on naviguera d’une ville à l’autre pour effectuer les actions désirées. Tout d’abord, il faut donner une priorité à la ville. Soit celle-ci aura un développement équilibré, soit elle se consacrera à la religion, la science, etc. En plus de cette priorité à définir, le joueur pourra créer des unités (colon, piquier, soldat…) qui évolueront au fil du jeu.
Il est également possible de créer des monuments comme des routes pour aller plus vite d’une ville à l’autre, des universités pour agrandir le prestige de votre civilisation, ou même encore des merveilles. Le jeu gère quasi automatiquement votre évolution scientifique. Un conseiller vient vous voir quelquefois pour vous demander quelle technologie rechercher. La démocratie permettant par exemple de créer des piquiers et donnant plus de charisme à votre civilisation ou l’alphabet. Chaque choix a ses conséquences ou plutôt ses apports. Choisir telle évolution vous permettra de faire telle chose ou telle autre. Tout est ainsi une question de stratégie. Soit vous vous orientez vers une civilisation guerrière, soit vous cherchez à faire grandir culturellement votre empire pour impressionner les adversaires et jouer facilement de la diplomatie. Les unités créés, vous allez pouvoir vous balader sur la carte…
Prise en main pas au top…
Avec un colon, à un emplacement propice, vous fondrez une ville ; les soldats seront là pour le protéger ou attaquer des villes. Lorsque vous rencontrerez une autre civilisation des pourparlers se feront. Les attitudes varient. Soit on vous propose la paix, soit on vous oblige à donner de votre or pour ne pas être attaqué. Des négociations peuvent se faire plus en avant dans le jeu comme la possibilité de vendre des technologies aux autres empires, ou d’en acheter. Ces rapports diplomatiques sont intéressants mais sapés par une IA lamentable. Les réactions des empereurs ne sont jamais crédibles et défient toute logique. Par exemple, après une agression même en position de faiblesse, on vous proposera la paix. L’autre problème d’IA réside dans vos conseillers. Pour chaque domaine, un conseiller. Seulement ceux-ci ne vous proposent que des conseils vide de sens et illogiques une fois de plus. Bref, on ne pourra pas compter sur eux.
Enfin les combats, puisqu’ils sont importants, se font automatiquement. Comme dans Battles of Prince of Persia le joueur assiste à une petite séquence où les deux camps se jettent dans la mêlée. Il est possible de voir les forces ennemies avant d’attaquer, ce qui est une bonne chose si on ne veut pas risquer la défaite. Finalement on retrouve la plupart des sensations liées à la saga sur cet opus portable. Des mécaniques similaires même si beaucoup moins de paramètres rentrent en jeu et surtout un concept immuable. Seulement, le soft n’est pas exempt de défauts. Un des plus importants, une jouabilité au stylet lamentable. On note des saccades, des imprécisions, bref on retourne vite à la bonne vieille maniabilité à la croix et aux boutons. Autre problème, une ergonomie mal fichue. On ne parvient jamais vraiment à regrouper nos troupes pour former une armée, naviguer entre les villes n’est pas toujours simple, parcourir le territoire découvert non plus. Parfois le jeu reste sur une unité sélectionnée et le joueur doit passer par une petite manipulation pour s’extraire de cette sangsue.
Quelques fausses notes…
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Au niveau de l’ambiance sonore, cet opus de Civilization ne se casse pas trop la tête. Quelques musiques discrètes, en fond, et c’est à peu près tout. On n’en retient aucune tant celles-ci sont fades et manquent d’originalité. L’un des aspects le plus bâclé du jeu et pourtant on sait tous que ça compte la musique.
Le jeu est assez long. Fonder une civilisation n’est pas une tâche de tout repos, on s’en doute. Dieu a fait le monde en une semaine, parait-il, pour ce qui est de créer un empire il faudra tabler sur quelques dizaines d’heure. Le jeu libre avec un mode solo complet, un mode multi riche et intéressant ainsi que la possibilité de télécharger des cartes via le Wifi Nintendo. Vraiment il y a de quoi faire, aucune arnaque à l’horizon.
Graphiquement le dernier né de Sid fait de la peine à voir. La console en a bien plus dans le ventre que ce que Sid nous montre. A peine la moyenne d’un jeu GBA, et je suis gentil encore, la réalisation est daté. Certes ce n’est pas l’essentiel d’un soft comme celui-ci mais il y a quand même un minimum à respecter que certains développeurs, malheureusement, oublient sciemment.


13
/20 : J’avais beaucoup d’a priori quand à cette déclinaison sur portable de la dernière création de Sid Meier. Envie de profit, opportunisme masqué, je m’imaginais les pires choses étant donné que les versions prioritaires furent, et demeurent, celles de la 360 et de la PS3. Au final, sans être comblé, j’en ressors plutôt surpris, et même agréablement. Le jeu se prête bien à l’exercice de la portable même si la réalisation (graphismes et érgonomie) est totalement à revoir. Un jeu sympa mais qui n’atteind pas le niveau d’un Ages of Empires par exemple.
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Gameplay : Jouable entièrement au stylet mais mieux vaut abandonner l’idée dès la 1ère partie. Imprécisions à la pelle, ergonomie laborieuse, il reste donc les touches même si tout n’est pas parfait.
Durée de vie : De nombreux modes pour de nombreuses heures de jeu. Un solo vaste, un bon multi et même quelques téléchargements disponibles. De quoi faire en somme.
Graphismes : Daté. Animations sommaires lors des combats et globalement le rendu de la carte et des unités souffrent d’un manque de détail et d’une modélisation pauvre.
Audio : Quelques thèmes de-ci de-là, fait à la va-vite, et quelques bruitages qui ne participent en rien à l’immersion.
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