Un héros à en devenir…
Raymond Bryce est un ex-marine qui intégra l’Equipe de Secours International où, au cours d’une mission catastrophe, il ne pu sauver son meilleur ami Steve. Depuis, Ray n’est plus le même jusqu’au jour où il apprend l’enlèvement d'Iris, la petite sœur de Steve qu’il avait promis de protéger. L’auteur de ce méfait n’est autre que le SURGE, un groupe de terroristes composé d’anciens marines tout comme le fut Ray, qui par la même occasion se sont emparés de têtes nucléaires qu’ils promettent de faire péter si le gouvernement ne leur verse pas une rançon. Certains d’entre vous l’auront déjà compris, la trame scénaristique de Disaster : Day of Crisis est fortement inspiré d'un thriller américain comme Rock par exemple, mis à part qu’ici il y a des filles a sauver en plus des villes, le tout dans un cadre apocalyptique où les éléments se déchainent autant si ce n’est plus que le SURGE contre vous !
Le jeu est découpé un peu à la manière du Alone in the Dark de 2008 (Lire le test). Vingt trois épisodes composent l’aventure que vous pourrez rejouer à volonté en mode "normal" ou "difficile". Le gameplay lui diffère du jeu d’Atari car même si on aura droit à une articulation entre phases d’action et d’exploration similaire, Disaster est lui résolument tourné vers l’arcade alors qu’Alone l’était sur l’aventure/exploration. Dans les deux cas, même si les ambitions sur le papier nous intriguaient, la réalisation a encore ici tout autant de mal à tenir la route. Si les phases de tirs sont plutôt intenses, elles sont au final peu imaginatives. Si les phases d’exploration à pied oxygènent, vous n’y aurez finalement qu’à casser des éléments du décor ou sauver des civils abandonner à leur sort. Ouff ! Reste la mise en scène, la conduite et la customisation qui parviennent à sauver le jeu du naufrage.
Sauveteur, un job lassant…
La prise en main est sous certains aspects un peu chaotique car on passe énormément de temps à vous apprendre des choses qui ne serviront que pour une seule mission. Ces choses, sont tout bêtement des Quick Time Events à la Resident Evil 4 (Lire le test) pourrait-on dire, mais comme aussi tout film interactif sait en proposer. Si RE 4 offrait un niveau de liberté pour le moins très confortable, ce n’est pas ici le cas. Commençons par les phases à pied où vous ne pourrez tenir absolument aucune arme en main pour en revanche devoir explorer les niveaux à la recherche de personnes en danger et d’items bonus. Les victimes sont en règle générale facile à trouver mais néanmoins Ray peut lancer un appel ("Z") en direction de l’endroit où vous pourrez en rencontrer une. Ces sauvetages apparaissent au début du jeu relativement variés mais par la suite redondants.
Soigner des blessures grâce à un spray (Viseur + "B") et un bandage (rotation du stick), transporter une personne à l’abri, distribuer de la nourriture ou du matériel médical, il faudra ainsi prendre sur vos propres ressources. Ces dernières peuvent être de la nourriture, des pansements et des seringues, soit autant de ressources qui auront un effet sur vos jauges. Celle d’endurance se vide au fur et à mesure du temps qui passe et lorsqu’elle est vide abaisse toutes vos capacités mais aussi progressivement la jauge de vie. Une autre jauge est la réserve d’air de vos poumons. Elle se vide dans les zones enfumées, lorsque vous sprintez ("B") ainsi que sous l’eau. Les phases à pied sont en grande majorité entrecoupées de rencontres musclées face aux troupes du SURGE, c’est à ce moment là qu’entre en scène les phases de tir façon Ghost Squad (Lire le test)…
Phases de tir redondantes…
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En effet, les séquences de shoot sont scriptées à 100% tel un jeu d’arcade pour salle de jeu. Vous visez les méchants qui apparaissent au fur et à mesure que vous avez descendu les précédents et dans Disaster, vous subissez de plein fouet la mise en scène sans pouvoir influer sur le chemin à prendre. Si au début du jeu ce choix aère grâce à son système de tir réactif et à son zoom ("C") pertinent, il s’essouffle sur la longueur car les mises en scène de ce côté-ci sont peu inspirées même si, contre les boss, on arrive à y trouver de quoi faire grimper un peu l’adrénaline. Tout l’intérêt de bien maitriser le tir c’est de gagner des points qui vont vous permettre d’acheter de nouvelles armes, mais aussi de les faire évoluer sur un certain nombre d’aspects. Pistolet, mitrailleuse, fusil à pompe, lance-roquette et j’en passe, si certaines peuvent facilement être achetées, les plus convoitées doivent préalablement être débloquées via les challenges du stand de tir, qui eux-mêmes sont à débloquer au cours de l’aventure. Notez qu'il est possible de switcher (Croix) entre quatre types d'armes durant les combats.
La customisation occupe donc une place importante car on y trouve un peu de quoi s’exprimer. Celle des armes passe par l’upgrade de quelques compétences dont la capacité du chargeur, la puissance de tir ou encore le niveau de précision. C’est en tout cinq aspects que vous pourrez faire évoluer pour toutes les armes, soit autant que celles pour le corps d’athlète de ce cher Raymond. La customisation des compétences de notre héros elle se traduit par l’augmentation de la force, de sa capacité à profiter des items bonus mais encore celle à se concentrer. Cet aspect du jeu occupe une place significative car plus vous avancerez plus les conditions de survie deviendront difficiles. Sachez également que si la récolte de points permettant d’uprader votre artillerie est autant possible lors du premier que des passages suivants dans un niveau, celle des points de compétence se gagne lors des sauvetages.
Mélange fragile et peu créatif…
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Venons-en à présent à ces fameuses séquences action qui viennent un peu casser la routine de Ray mais pas forcément avec brio. Celles-ci interviennent souvent lors de catastrophes impressionnantes (Explosion, raz-de-marée, effondrement, inondation, éruption...). Avant la séquence d’action qui suivra on vous explique alors comment utiliser les spécificités du couple. Nager sous l’eau à l’aide du viseur, sprinter à toute allure, ces séquences là ne sont jamais véritablement une partie de plaisir pour le joueur qui doit exécuter au plus vite les signalétiques qui s’affichent à l’écran plutôt que de profiter de l'intensité de ce qui met sa vie en danger. Ainsi, pour un jeu qui mise tout sur les déchainements climatiques, on a bien du mal à profiter réellement des séquences les plus impressionnantes ! A ce niveau la conduite de véhicules dans divers situations et divers lieux apparaît néanmoins plaisante car on peut réellement observer ce qui se passe devant, voir derrière nous.
Pour ainsi dire, ces séquences de pilotage improbables sont dans leur ensemble certainement l’une des plus belles réussites du jeu avec les scènes de tirs. Les puzzles prêtent à sourir, quant au développement du scénario il est somme toute presque sans réelle surprise. Avec Disaster : Day of Crisis on est en plein dans la série B et son lot de dialogues et intrigues parfois bien lourding, vu et revu au cinéma depuis des décennies. Le jeu de Nintendo n’est finalement guère plus qu’un film interactif qui ne s’adresse pas aux gamers comme ceux-ci pouvaient l’espérer au moment de son annonce, avant la sortie de la console, mais à un public peu habitué des productions modernes et qui finalement se contentera d’apparats qui même s’ils ne sont pas au niveau d’un Resident Evil 4, possèdent un visuel unique au caractère prononcé. Décidément s’il l’on écarte Metroid Prime 3, les jeux d’action ont encore tout à prouver sur Wii !!


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/20 : Ce n’est pas en 2008 que l’on trouvera encore sur Wii l’ultime jeu d’action ! Après un Alone décevant, Disaster lui se contente de vous mettre dans la peau d’un héros de cinéma mais certainement pas de jeu vidéo. Avec sa belle gueule et ses gros flingues, Raymond a bien du mal à nous faire oublier la linéarité pesante de cette production où votre seule liberté sera finalement de customiser le personnage et ses armes. On n’ira pas jusqu’à employer le qualificatif "has-been" mais on est pas loin. Le soft est ainsi sauvé par des phases de tirs réussies mais pour autant pas imaginatives, des phases de conduite dans des situations rocambolesques ainsi qu’une mise en scène de catastrophes des plus réussies !
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Gameplay : "Entre un Ghost Quad et un Resident Evil 4". Des phases d’exploration presque vide de sens si ce n’est celui de sauver des civils de façon redondante, tout comme le sont des phases de tirs, au demeurant réussies. Les phases de conduite le sont plutôt également, il est vraiment dommage que Disaster se contente de proposer au joueur des mécanismes d'upgrade pour espérer lui faire oublier qu'il ne fait partie que du décor finalement...
Durée de vie : Une douzaine d’heures suffiront pour boucler l’aventure, reste les bonus qu’apprécieront les nouveaux fans !
Graphismes : Un visuel très particulier car unique. Le chaos est joliment rendu et certains backgrounds plutôt immersifs.
Audio : La bande son est loin d’être exceptionnelle mais le haut-parleur de la Wiimote contribue à l’immersion. Le tout est en anglais sous-titré français.
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