La Manhunt paranoïa…
Quelle histoire mes enfants ! Quels rebondissements dans cette campagne menée contre Take Two et Rockstar ! Mais, après des mois de procès et de coupes franches il est arrivé sur les étales le Manhunt 2. Ce jeu qui devait animer toutes nos peurs, réveiller la bestialité qui sommeillerait profondément en chacun de nous. Toute cette gesticulation, n’aura en fait que trop su mettre sous les feux des projecteurs une production plutôt, non pas malsaine, mais avant tout "outdated" comme disent les américains. En effet même si la mise en situation est somme toute réussie, le cheminement lui est peu inspiré et se perd dans une montée en puissance prévisible à tous les niveaux car dans l’air d’un temps pas si éloigné que ça. D’autre part, le jeu est beaucoup trop linéaire pour un joueur qui n’aura finalement que trop peu de choix, la prise en main étant quant à elle des plus rigides.
Le jeu débute lors de votre réveil à l’hôpital psychiatrique Dixmor où vous y êtes incarcéré depuis déjà six ans ! Alors qu’une infirmière tente de faire une piquouse à notre héros Daniel Lambs, celui-ci réagi à cette agression par une réaction certainement trop émotive, ou en tout cas démesurée puiqu'elle y passe. De toute évidence, notre bonhomme n’est pas dans son assiette, ou plutôt dans un état normal, logique, me direz-vous, puisque nous sommes parqués dans un asile, c’est donc que quelque chose ne tourne sans doute pas très rond dans sa tête et vous ne tarderez pas à comprendre quoi. Quoi qu’il en soit, c’est la panique à bord ! Une mutinerie de malades mentales a débuté et c’est à ce moment là qu’en profite pour surgir Leo Kasper ; un ami, semble t-il, qui vous suggère vivement de fuir en sa compagnie ce lieu rempli de tarés qui par en vrille !
On tue avec tout de nos jours !
Vous voici donc à arpenter les couloirs bien glauques de l’institut Dixmor, ce lieu réputé pour ses traitements de choc que très vite vous commencerez à apprécier par vous-même. En effet, l’ambiance y est relativement flippante et la bande son assure avec ses hurlement démoniaques !! La tension est forte, il y a les scènes où le personnel s’en donne à cœur joie sur ces pauvres tordus, ainsi que d’autres plans qui dressent le tableau. Toutefois, on comprendra rapidement que Rockstar mise un peu trop sur la mise en scène et pas sur une interaction de haut niveau. On se retrouve là davantage dans un jeu d’infiltration, scripté à mort, ou tout du moins durant la première partie du jeu au cours de laquelle vous n’aurez pas d’arme à feu. Oui, car pour s’échapper, tout d’abord, il vous faudra utiliser les outils de secours.
Seringue, masse, bouteille cassée, pied de biche, scie circulaire et j’en passe, c’est avec la Wiimote et/ou le Nunchuk qu’on distribuera les coups. Haut, bas, droite, gauche en diagonal, le système de combat est beaucoup trop rigide pour offrir vraiment du plaisir. Depuis deux ans on sait très bien qu’agiter bêtement sa télécommande dans un jeu d’action ça ne marche pas et Manhunt 2 tombe lui aussi de plein pied dans ce piège. Mais, là où on trouvera un peu d’intérêt à tout cela c’est au niveau de l’approche de vos proies. En effet, l’idée est ici de trouver la bonne combine pour avancer sans se faire repérer et ainsi prendre par surprise vos ennemis. Longer un mur, s’abriter derrière un meuble, resté dans l’ombre mais encore utiliser le bruit ambiant pour camoufler ses pas, c’est un peu à la manière d’un Bully Scholarship Edition (Lire le test) que votre radar vous indiquera, entre autre, l’état de stress (Jaune => orange => rouge) des troupes adverses.
Un trame mystique mais prévisible…
Ainsi, si vous parvenez à vous glisser jusque dans le dos d’un personnage, vous pourrez vous servir du bouton action "A" pour déclencher une furie. Ces exécutions sommaires peuvent être plus ou moins violentes selon que vous restiez appuyé plus ou moins longtemps et peuvent avoir lieu dans différentes situations. A ce sujet, on note deux dominantes, à savoir les exécutions avec les armes que vous récupérez çà et là, ainsi que celles plus ou moins scriptées où l’on utilisera des éléments du décor comme un toilette pour fracasser un crane, où encore un câble téléphonique dans le cadre d’une strangulation. Ce sont ces phases de jeu qui ont provoqué les levers de bouclier et le résultat dans le jeu sont des séquences type "Quick Time Events" complètement aseptisées où il est préférable de se prémunir d’un décodeur Canal+ pour y comprendre quelque chose.
Pour le reste, les ambiantes ne sont pas toutes réellement convaincantes. Si celle de l’asile est plutôt réussie, après vous en être enfui il vous faudra mener l’enquête en vous introduisant dans divers bâtiments où la mise en scène n’est pas aussi soignée. Le jeu est ainsi découpé en une quizaine d’épisodes et vous remontrez comme cela la structure qui régit l’organisation Pickman Project. Un héros amnésique, en quête de vérité dont la vie n’est vraiment pas à envier. La trame fait de rencontres et changement de point de vue accroche toutefois. Malheureusement, le gameplay lui est trop pauvre pour espérer divertir ; un couple utilisé de manière bête et méchante, Manhunt 2 ne va pas chercher bien loin. La prise en main est si rigide qu’elle apparaît aujourd’hui comme faisant partie de l’ère old-shool du jeu vidéo en trois dimensions.


12
/20 : On a fait beaucoup de bruit pour rien autour de Manhunt 2 qui est en quelques sortes un jeu d’infiltration très moyen. Le jeu de Rockstar compte en effet beaucoup trop sur la mise en scène des divers lieux parcourus pour maintenir captif le joueur, alors que lui se sentira frustré de devoir recommencer maintes fois une mission depuis le début, jusqu'à ce qu’il trouve la solution pour prendre par surprise les acolytes du Project. Les fans de la firme eux trouveront pas mal de références et sans doute apprécieront le nivellement social qui prend place dans les bas-fonds de l’âme humaine. Seulement pour le joueur la vérité c’est qu’on se lasse déjà une fois passé la première heure de jeu!
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Gameplay : Une prise en main "outdated" qui utilise les fonctionnalités du couple pour ne pas dire les avoir mis de côté. Difficile de demander plus à une banale adaptation ? Aujourd’hui ça fait tout de même deux ans que ça dur.
Durée de vie : Un dizaine d’heures c’est correct, encore faut-il aimer refaire encore et encore les missions avant de passer à l’étape suivante.
Graphismes : PS2 mais ce n’est ici pas un problème. Le point de vue qui vacille c’est sympa mais tous les lieux ne bénéficient pas du même traitement dans leur mise en scène.
Audio : Une bande son qui contribue admirablement à vous plonger dans l’ambiance, mais qui ne peut faire de merveilles quand il y a du laisser-aller dans la mise en scène.
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