À 77 ans, Laurent Voulzy continue de former avec Alain Souchon l’un des duos les plus emblématiques de la chanson française. Mais dans l’ombre des succès qui tournent encore en boucle à la radio, leurs fils préparent désormais un projet commun, longtemps resté discret, qui pourrait bien surprendre les fans et redessiner l’héritage musical que l’on croyait déjà figé. Entre souvenirs de château, groupes des années 1990 et nouvelle alliance artistique en 2026, cette saga familiale connaît un nouveau chapitre inattendu.
Un anniversaire symbolique pour Laurent Voulzy et une histoire qui continue
Le 18 décembre 2025, Laurent Voulzy souffle ses 77 bougies. Un âge où certains artistes se retirent, mais où lui continue de remplir des salles et de susciter une nostalgie heureuse chez plusieurs générations de Français. Derrière cette longévité se cache une alchimie rare avec Alain Souchon, son compagnon de route depuis plus d’un demi-siècle.
Depuis la fin des années 1960, les deux amis avancent comme deux faces d’une même pièce :
la plume tendre, ironique et un brin mélancolique de Souchon, et les mélodies lumineuses, nourries de pop anglo-saxonne, imaginées par Voulzy. Ensemble, ils ont accompagné la vie quotidienne de millions de personnes : bandes-son de vacances, chansons écoutées en famille, refrains chantés en voiture… Certaines études sur la diffusion radio en France ont montré que des titres comme « Belle-Île-en-Mer, Marie-Galante » ou « Allô maman bobo » figurent régulièrement parmi les chansons françaises les plus rediffusées, même plusieurs décennies après leur sortie.
Ce que l’on sait moins, c’est que cette aventure ne s’est pas arrêtée à eux. Dans le sillage de ce duo mythique, une deuxième génération a pris forme : leurs fils, eux aussi musiciens, ont longtemps tissé leur propre chemin… avant de préparer en 2026 un projet commun qui pourrait façonner une nouvelle page de cette légende familiale.
Un duo historique : des débuts modestes à la légende de la chanson française
À la fin des années 1960, Laurent Voulzy est encore guitariste et chef d’orchestre pour Pascal Danel. Il n’est pas encore la star que l’on connaît, mais il accumule une précieuse expérience de scène et de studio. Au début des années 1970, le directeur artistique Bob Socquet organise la rencontre avec Alain Souchon. Le choc est immédiat : leurs univers se complètent presque naturellement.
En 1974, leur premier grand succès, « J’ai dix ans », s’impose comme un classique instantané. Le titre devient rapidement un repère pour une génération entière, au même titre que certains standards anglo-saxons de l’époque. S’enchaînent ensuite les albums « Bidon » et « Jamais content » avec des morceaux devenus cultes :
« Allô maman bobo », chronique tendre d’une fragilité qu’on n’osait pas toujours avouer,
ou encore « Y’a d’la rumba dans l’air », qui capture l’insouciance et la poésie du quotidien.
En 1977, la carrière de Voulzy prend un tournant avec « Rockollection ». Sur un texte de Souchon, il assemble un patchwork musical mêlant ses propres couplets à des extraits de tubes internationaux. Le titre se vend à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires et s’impose comme un phénomène. On parle alors de « pop à Lolo », cette manière bien à lui de marier la culture anglo-saxonne aux sensibilités françaises.
Parallèlement, il reste le compositeur fidèle d’Alain Souchon, offrant des mélodies pour des chansons devenues incontournables :
« Le Bagad de Lann-Bihoué », « La Ballade de Jim », « Papa mambo », puis plus tard « Belle-Île-en-Mer, Marie-Galante », « Le Soleil donne » et « Le Pouvoir des fleurs ».
Même une brève brouille au début des années 1980, durant l’enregistrement de « Bopper en larmes », ne parvient pas à briser ce lien. Elle ne fera que souligner la profondeur de leur amitié : après cette tension passagère, les deux artistes se retrouvent, plus soudés et inspirés que jamais.
Le château de Chémery : un terrain de jeu, de musique… et de transmission
Derrière les projecteurs, Voulzy et Souchon partagent bien plus qu’une carrière : ils partagent aussi des moments de vie en famille. Dans les années 1970, les deux clans se retrouvent régulièrement au château de Chémery, propriété de la famille Souchon. Une grande bâtisse, des pièces qui résonnent, un parc où les enfants jouent jusqu’au coucher du soleil… et des guitares qui traînent un peu partout.
C’est là que grandissent Pierre Souchon, fils aîné d’Alain, et Julien Voulzy, fils aîné de Laurent. Ils n’ont qu’un an d’écart et passent leurs vacances ensemble. Les soirées se terminent souvent en chansons : les pères répètent, testent des refrains, improvisent des harmonies, pendant que les enfants écoutent, observent, puis se mettent à leur tour à gratouiller quelques accords.
Cette immersion précoce dans la musique crée un lien naturel avec l’univers de leurs pères. On peut imaginer l’influence de ces moments : voir naître un morceau au coin d’une table, entendre un texte se transformer au fil des discussions, comprendre qu’une chanson peut jaillir d’une simple phrase prononcée à voix basse. C’est dans ce contexte que germera, quelques années plus tard, l’envie des fils de s’affirmer à leur tour.
Les Cherche Midi : l’émancipation musicale des fils
En 1994, Pierre Souchon et Julien Voulzy décident de franchir un cap et de former leur propre groupe : Les Cherche Midi. Le choix du nom, à la fois poétique et mystérieux, traduit déjà une volonté de se démarquer et de construire un univers personnel, tout en assumant l’héritage d’une certaine chanson française.
Dans un paysage musical des années 1990 dominé par la variété, le rock français et l’arrivée progressive de la scène électro, Les Cherche Midi proposent une musique plus intimiste, nourrie de mélodies travaillées et de textes sensibles. Ils enregistrent deux albums, en s’entourant notamment de Matthieu Chedid (futur -M), autre héritier d’une lignée musicale prestigieuse, puisque fils de Louis Chedid.
Cette collaboration crée un pont évident entre les générations : d’un côté, les années 1970 des pères, de l’autre, les années 1990 des fils. Le groupe ne connaît pas les chiffres de vente astronomiques des grandes stars de l’époque, mais s’impose comme un projet respecté, apprécié d’un public fidèle, souvent composé de curieux attirés par cette filiation artistique.
Avec le temps, Les Cherche Midi deviennent presque une référence discrète : un groupe que l’on cite lorsqu’on évoque la façon dont les enfants d’artistes parviennent à trouver leur voie sans se laisser écraser par les noms de famille qu’ils portent.
Une transmission musicale multiple, de père en fils
Au fil des années, chacun des fils poursuit sa route. Pierre Souchon continue entre albums solo, collaborations et direction artistique, préférant souvent la discrétion à la lumière excessive. Son frère cadet Charles, que le public connaît sous le nom d’Ours, développe lui aussi une carrière singulière : albums personnels, apparitions sur scène aux côtés de son père, participation à des projets collectifs. Ses chansons, souvent douces et introspectives, prolongent, à leur manière, la sensibilité de la famille Souchon.
Côté Voulzy, Julien n’est pas le seul à s’être tourné vers la musique. Nicolas, Cliff et Quentin explorent, chacun à leur rythme, des univers artistiques variés, parfois loin des projecteurs, parfois sur scène ou en studio. Laurent Voulzy les encourage, sans pression, avec cette idée simple : la musique comme langage commun, comme lieu de partage plutôt que comme injonction à la réussite.
Un épisode illustre parfaitement cette transmission : l’enregistrement familial du titre « Le Soleil donne ». À l’origine, l’idée vient d’un souhait de parler de la transmission. Voulzy raconte qu’en enregistrant ce morceau, pères et fils se sont retrouvés ensemble derrière les micros, presque comme lors des soirées passées au château de Chémery. Il explique avoir eu envie de garder une trace de ce moment, non pas comme un coup marketing, mais comme un souvenir précieux, une capsule sonore de cette filiation.
Ces expériences familiales montrent comment, chez les Voulzy comme chez les Souchon, la musique n’est pas qu’un métier : c’est un lien, une manière de converser d’une génération à l’autre, de se comprendre sans forcément se parler longuement.
Un lien indéfectible et des polémiques surmontées
L’amitié entre Laurent Voulzy et Alain Souchon ne s’est jamais limitée à la musique. Au fil des décennies, elle a résisté aux aléas de la vie artistique, aux périodes de doute, aux pressions de l’industrie, mais aussi aux polémiques.
Lorsque des propos d’Alain Souchon ont un jour suscité une controverse, Laurent Voulzy n’a pas hésité à prendre publiquement sa défense. Il a rappelé que son ami pouvait parfois être « sans filtre », « cash », presque « punk » dans sa manière de parler, mais que derrière ces formules se cache un profond amour pour la France. Cette réaction résume bien leur complicité : ils se connaissent par cœur, se comprennent au-delà des mots et se soutiennent dans les moments délicats.
Ce socle d’amitié solide a permis à leurs familles de se construire sur une base de confiance et de loyauté. Pour leurs enfants, grandir dans un tel environnement, où l’on voit deux artistes se respecter, se pardonner et se soutenir, a forcément eu un impact. C’est aussi ce climat qui rend possible, des années plus tard, de nouveaux projets communs entre les fils.
2026 : un nouveau projet secret des fils qui intrigue les fans
En 2026, alors que le public célèbre toujours les grandes chansons de leurs pères, les fils de Laurent Voulzy et d’Alain Souchon travaillent dans la discrétion sur un projet commun. Longtemps gardé secret, ce projet suscite déjà beaucoup de curiosité chez les amateurs de chanson française et les fans de la première heure.
Ce qui se dessine, c’est une nouvelle alliance musicale entre Pierre Souchon, Julien Voulzy et, potentiellement, d’autres membres de la fratrie, dans un concept qui mêlerait :
- Des réinterprétations de titres emblématiques de leurs pères, revisités avec des sonorités actuelles (folk, pop moderne, touches électroniques discrètes).
- Des compositions originales qui racontent leur propre génération, leurs questionnements, leurs souvenirs d’enfance dans l’ombre – bienveillante – de deux légendes.
- Une mise en scène pensée comme un voyage dans le temps, alternant archives, projections visuelles et moments intimistes en acoustique.
L’ambition n’est pas de copier le duo originel, ni de se contenter d’un simple hommage. L’enjeu est plus subtil : proposer une nouvelle lecture de cet héritage, montrer comment ces chansons résonnent aujourd’hui, dans une époque marquée par le streaming, les réseaux sociaux et une autre façon de vivre la musique.
Ce projet pourrait prendre la forme d’un album, d’une tournée, d’un spectacle hybride ou d’un format plus intimiste, mais tout laisse penser qu’il s’adressera autant aux nostalgiques qu’aux plus jeunes, qui découvrent parfois Voulzy et Souchon par leurs parents ou leurs grands-parents.
Un héritage musical en mouvement, loin d’être figé
L’histoire commune de Laurent Voulzy et Alain Souchon ne se résume plus à une série de tubes gravés dans les années 1970, 1980 ou 1990. Elle est devenue une véritable saga familiale, qui s’étend sur plusieurs générations et qui continue de se réinventer.
Les vacances au château de Chémery, la création des Cherche Midi, les enregistrements en famille, les carrières singulières de Pierre, Julien, Ours et des autres fils, et désormais ce projet secret en 2026 : tout cela compose une fresque où la musique sert de fil conducteur.
Pour les fans, cette nouvelle étape est une invitation à redécouvrir un répertoire qu’ils pensaient connaître par cœur. Les fils ne se contentent pas de prolonger l’œuvre de leurs pères : ils la questionnent, la rééclairent, la confrontent à leur époque. Et c’est précisément ce mouvement, cette capacité à se renouveler sans renier son passé, qui pourrait bouleverser l’héritage musical de Voulzy et Souchon dans les années à venir.
L’histoire n’est donc pas close : elle continue de s’écrire, portée par une nouvelle génération qui, tout en respectant profondément ce qui a été construit avant elle, n’a pas peur d’ouvrir d’autres chemins, d’autres sons, d’autres émotions. Une chose, en revanche, ne change pas : au cœur de tout cela, il y a toujours la même intuition, la même évidence qu’avaient eue Laurent Voulzy et Alain Souchon au début des années 1970… celle que la musique, quand elle est sincère, traverse le temps et les familles.

