Bonne nouvelle pour une grande partie des retraités ! Alors que le projet de Budget 2026 laissait craindre une hausse significative de l’impôt sur le revenu liée à la réforme de l’abattement de 10 %, un amendement voté au Sénat rebat les cartes : les pensions inférieures à environ 2 500 € par mois pourraient finalement être épargnées. Voici, en détail, ce qu’il faut comprendre de cette évolution fiscale et de ses conséquences pratiques.
Pourquoi l’abattement de 10 % est-il remis en cause ?
Créé à l’origine pour compenser l’absence de frais professionnels des retraités, l’abattement de 10 % sur le montant brut des pensions s’applique depuis plusieurs décennies. Or, dans un contexte de redressement des finances publiques, le gouvernement estime que cette réduction universelle profite également aux plus hauts revenus, sans distinction de besoin. Résultat : l’idée a émergé de transformer cet abattement proportionnel en un forfait fixe, plus simple à gérer et censé cibler davantage les retraités aisés.
Du pourcentage au forfait : ce qui était prévu initialement
- Ancien mécanisme : déduction automatique de 10 % sur les pensions, avec un plancher annuel de 450 € et un plafond de 4 399 € par foyer.
- Projet gouvernemental : remplacement par un forfait unique de 2 000 € par foyer.
Avec cette bascule, tout retraité percevant plus de 1 670 € nets par mois (soit 20 000 € de pension annuelle) aurait vu sa base taxable augmenter. Par exemple, un célibataire touchant 3 000 € par mois (36 000 € par an) aurait subi une hausse d’impôt de près de 480 €, soit +16,6 %.
L’amendement du Sénat : un bouclier pour les petites et moyennes retraites
Face aux inquiétudes, les sénateurs ont adopté le 30 novembre un amendement majeur :
- Forfait relevé à 3 000 € au lieu des 2 000 € prévus initialement.
- Seuil d’innocuité relevé à environ 2 500 € de pension mensuelle (30 000 € par an).
Concrètement, deux tiers des retraités – soit quelque 10 millions de personnes – devraient ainsi conserver un niveau d’imposition stable. La réforme vise donc surtout les pensions plus élevées, en particulier celles dépassant 3 000 € mensuels.
Concrètement, qui gagne, qui perd ?
Quelques scénarios chiffrés permettent de visualiser l’impact :
- Pension de 1 600 € nets/mois (19 200 € annuels) : aucune hausse, la déduction de 3 000 € est plus avantageuse que 10 % (1 920 €).
- Pension de 2 400 € nets/mois (28 800 € annuels) : là encore, le forfait de 3 000 € est supérieur au précédent abattement de 10 % (2 880 €). Impôt inchangé, voire en légère baisse.
- Pension de 3 000 € nets/mois (36 000 € annuels) : l’abattement tombe de 3 600 € à 3 000 €, entraînant une hausse d’environ 480 € si aucune autre réduction n’intervient.
- Pension de 4 500 € nets/mois (54 000 € annuels) : perte d’abattement de 2 400 €, avec un surcoût fiscal pouvant dépasser 1 000 € selon la composition du foyer.
Ce qui change (ou pas) pour la déclaration 2025
La réforme n’entrera en vigueur qu’en 2026, pour les revenus 2025. Aucune modification ne touche la déclaration de revenus 2024 (printemps 2025) :
- Le taux d’abattement reste de 10 %.
- Plancher maintenu à 450 € et plafond à 4 399 €.
- Un retraité célibataire sans autre revenu demeure non imposable si sa pension brute annuelle reste sous environ 12 800 €.
Les autres coups de pouce fiscaux toujours en vigueur
- Abattement supplémentaire de 65 ans et plus : jusqu’à 2 795 € pour les contribuables modestes ou invalides.
- Exonération ou taux réduit de CSG, CRDS, CASA : totale si le revenu fiscal de référence (RFR) est inférieur à 12 818 € pour une part, partielle jusqu’à 16 755 €.
- Décote maintenue pour les petites impositions, qui peut annuler totalement l’impôt quand celui-ci est inférieur à environ 1 €.
Ces dispositifs, cumulables, continuent de protéger les petites retraites contre une pression fiscale excessive.
À retenir
- Le passage à un forfait d’abattement est acté ; son montant fait toutefois l’objet de débats.
- Grâce à l’amendement sénatorial, les pensions inférieures à 2 500 € devraient rester à l’écart de toute hausse d’impôt.
- La réforme cible principalement les retraités les plus aisés, au nom de l’équité budgétaire.
- Les règles actuelles (abattement de 10 %, plafonds et planchers, avantages pour les plus de 65 ans) demeurent applicables pour la déclaration réalisée en 2025.
En définitive, si vous percevez une pension située sous le seuil de 2 500 € mensuels, la réforme envisagée ne devrait pas grever votre budget. Pour les autres, il reste encore plusieurs étapes législatives : la version finale de la loi de finances 2026 dira si le compromis trouvé au Sénat est confirmé ou ajusté.


