La récente publication de la note annuelle de l’Insee intitulée «Niveau de vie et pauvreté en 2023» a révélé que la pauvreté s’accentue en France, creusant davantage le fossé entre les riches et les pauvres. Selon cette étude, la proportion de Français vivant sous le seuil de pauvreté est passée de 14,4% en 2022 à 15,4% en 2023, atteignant ainsi un niveau record depuis 1996. Cela représente environ 9,8 millions de personnes.
Mesure du seuil de pauvreté
Pour définir le seuil de pauvreté, l’Insee utilise 60% du revenu médian comme référence. En 2023, cela équivalait à un revenu mensuel inférieur à 1 288 euros pour une personne seule, ou 1 932 euros pour un couple. Mais qui sont les plus touchés par cette augmentation de la pauvreté ?
Les catégories les plus vulnérables
- Inactifs et étudiants : Ces groupes sont particulièrement vulnérables, avec un taux de pauvreté de 37,3%.
- Chômeurs : Avec un taux de pauvreté de 36,1%, ils subissent une forte précarité.
- Indépendants : Ce groupe affiche un taux de pauvreté de 19,2%, proche de la moyenne nationale.
En revanche, les salariés et les retraités s’en sortent mieux, avec des taux respectifs de 6,6% et 11,1%.
L’impact de la réforme de l’assurance chômage
Entre 2022 et 2023, le taux de pauvreté chez les chômeurs a augmenté de 0,8 point. Cette hausse est en partie attribuée à la réforme de l’assurance chômage, effective depuis le 1er février 2023, qui a réduit la durée d’indemnisation de 25% pour les nouveaux entrants. Cette diminution a forcé de nombreux demandeurs d’emploi à accepter des emplois moins bien rémunérés, comme l’avait souligné l’Unédic à la fin de 2023, réduisant ainsi leur qualité de vie.
Cette situation complexifie la lutte contre la pauvreté en France, mettant en lumière les faiblesses structurelles du système de soutien aux chômeurs et la nécessité de trouver un équilibre entre incitation à l’emploi et soutien financier adéquat.


