Vous quittez votre CDI et vous vous demandez quel montant doit vraiment figurer sur votre dernier bulletin ? Grâce au solde de tout compte CDI simulateur, vous pouvez, en quelques clics, obtenir une estimation de toutes vos indemnités de départ. Dans les lignes qui suivent, on vous montre comment tirer le meilleur parti d’un simulateur, mais aussi comment vérifier chaque calcul “à l’ancienne”, avec papier, crayon (ou tableur) et un brin de méthode.
Au programme : des exemples chiffrés, un mini-fichier Excel prêt à l’emploi et le mode d’emploi pour contester un solde de tout compte bancal devant le Conseil de prud’hommes.
1. Solde de tout compte : définition, cadre légal et délais
Que dit le Code du travail ?
Le solde de tout compte est le relevé final que votre employeur vous remet lorsque le contrat prend fin. Il y dresse la liste de toutes les sommes liées à cette rupture : derniers salaires, congés payés, primes, indemnités, etc.
C’est l’article L1234-20 du Code du travail qui fixe les règles. Concrètement, l’entreprise doit vous remettre :
- un reçu pour solde de tout compte ;
- votre ultime fiche de paie ;
- un certificat de travail ;
- et l’attestation Pôle emploi (hors cas particuliers).
Précision utile : le reçu ne “crée” pas vos droits, il les constate. En cas d’erreur, rien ne vous empêche de le remettre en cause.
Signer ou pas signer, telle est la question
La signature reste facultative, mais ses conséquences sont loin d’être anodines :
- Vous signez ? Il ne vous reste plus que 6 mois pour contester.
- Vous refusez ? Le compteur passe à 3 ans (délai de prescription des salaires).
Autrement dit, la signature n’éteint pas vos droits, elle raccourcit simplement le délai d’action. Un doute ? Mieux vaut s’abstenir de signer – ou apposer la mention « sous réserve de mes droits ».
Quand et comment devez-vous recevoir vos documents ?
En principe, tout vous est remis :
- le dernier jour travaillé ;
- ou, si la paie est décalée, à la date habituelle de versement.
Le règlement suit la même cadence. Si l’employeur tarde, une mise en demeure en recommandé, puis – en ultime recours – le Conseil de prud’hommes peuvent rétablir la situation.
2. Les éléments qui composent le solde de tout compte en CDI
Salaire du dernier mois et éventuels rappels
Première brique : le salaire du dernier mois.
- Période complète ? Vous touchez votre rémunération habituelle.
- Période incomplète ? On applique un prorata (jours ou heures réellement travaillés).
- Sans oublier les rappels : heures sup’ oubliées, primes en retard, régularisations diverses.
Tout cela, c’est du brut : cotisations sociales et prélèvement à la source viendront s’y appliquer, comme d’habitude.
Indemnité compensatrice de congés payés : 1/10e ou maintien de salaire ?
Vous partez avec des jours de congés en stock ? Votre employeur doit les payer sous forme d’indemnité compensatrice de congés payés. Comment la calculer ? Suivez le guide.
Étape 1 : comptez vos jours restants
- Jours acquis – jours déjà posés = reliquat à indemniser.
Étape 2 : choisissez la méthode la plus favorable
- 1/10e des rémunérations brutes de la période de référence ;
- Maintien de salaire : vous percevez exactement ce que vous auriez gagné en travaillant.
Et le « 1/120e » (le fameux 1,80) ?
Il sert pour certaines ruptures ou régimes spécifiques. En clair, on compare alors le 1/10e à cette fraction (1/120e x nombre de jours). Les logiciels de paie gèrent généralement ce choix ; à vous de vérifier le résultat sur le bulletin.
Préavis, RTT, primes : quel sort leur est réservé ?
Préavis
- Préavis effectué : vous touchez votre salaire normalement.
- Préavis non effectué sur demande de l’employeur : versement d’une indemnité compensatrice correspondant à la rémunération que vous auriez perçue (fixe, variables, avantages en nature compris).
RTT en stock
- Toute journée ou heure non prise est payée : taux journalier/ horaire × nombre de RTT.
Primes (13e mois, bonus…)
- Elles sont en principe proratisées à votre temps de présence.
- Le simulateur vous demandera le montant annuel, la période couverte, la date de fin de contrat et ce qui a déjà été versé.
3. Indemnités spécifiques selon le mode de rupture
Démission : ce qui change
En démission, le solde ressemble à un menu restreint :
- Dernier salaire (y compris préavis si vous l’effectuez) ;
- Congés payés et RTT non pris ;
- Éventuelle indemnité de préavis seulement si l’employeur vous dispense de le faire.
Pas d’indemnité légale de licenciement, sauf cas atypiques (requalification, prise d’acte assimilée à un licenciement, etc.). Un solde de tout compte CDI simulateur spécial démission vous aidera à vérifier tout cela en détail.
Licenciement : zoom sur l’indemnité
Hors faute grave/lourde, s’ajoute l’indemnité de licenciement.
Indemnité légale
- 1/4 de mois par année jusqu’à 10 ans ;
- puis 1/3 de mois par année au-delà.
Salaire de référence ? Le plus avantageux entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois (primes incluses, proratisées).
Indemnité conventionnelle
Votre convention collective peut prévoir mieux. Le simulateur vous demandera donc le nom de la convention, votre ancienneté et votre salaire de référence.
Rupture conventionnelle : l’indemnité spécifique
La rupture conventionnelle ouvre droit à une indemnité spécifique au moins égale à l’indemnité légale. Le calcul de base est identique ; seul le montant peut être rehaussé d’un commun accord.
Votre solde comprendra alors : dernier salaire, congés payés, RTT, et cette fameuse indemnité spécifique.
4. Tutoriel pas à pas : utiliser un simulateur de solde de tout compte
Les infos à rassembler avant de se lancer
Pour ne pas cliquer dans le vide, préparez :
- vos 3 à 12 dernières fiches de paie ;
- les dates de début et fin du contrat ;
- votre salaire brut moyen ;
- le reliquat de congés payés ;
- le nombre de RTT restant ;
- le type de rupture ;
- et, si besoin, vos primes annuelles.
Navigation type dans un simulateur
La plupart fonctionnent selon la même logique :
- Choix de la situation : CDI, temps plein/partiel, nature de la rupture.
- Saisie des dates : début, fin, éventuel préavis.
- Indication du salaire et des primes.
- Ajout des congés et RTT restants.
- Validation pour obtenir le détail poste par poste.
En sortie, vous verrez : le montant brut total, le détail ligne par ligne, et parfois une estimation du net.
Exemple chiffré, pas à pas
Scénario : licenciement (hors faute grave), salaire brut 2 000 €, ancienneté 4 ans, 10 jours de congés + 3 RTT, pas de prime.
1. Indemnité légale de licenciement : 4 ans × (¼ × 2 000) = 2 000 € brut.
2. Congés payés : salaire journalier ≈ 2 000/21,67 ≈ 92,30 € ; 10 jours × 92,30 € ≈ 923 € brut.
3. RTT : 3 jours × 92,30 € ≈ 277 € brut.
4. Dernier salaire : 2 000 € (mois complet + préavis payé).
Total brut estimé : 2 000 + 2 000 + 923 + 277 ≈ 5 200 €.
Le simulateur affichera ces montants un par un ; vous pourrez les confronter à votre bulletin final.
5. Calcul manuel : formules, tableau Excel et contrôles
Refaire les comptes sans outil magique
Besoin de vérifier ? Voici les formules de base :
- Dernier salaire (mois incomplet) : salaire mensuel × (jours travaillés / jours travaillables).
- Congés payés – maintien de salaire : (salaire mensuel / 21,67) × jours restants.
- Congés payés – 1/10e : 10 % de la rémunération brute de la période de référence.
- Indemnité de licenciement : (¼ de mois × années ≤ 10) + (⅓ de mois × années > 10).
- RTT : (salaire mensuel / 21,67) × jours de RTT non pris.
Un mini-tableur maison
Créez votre simulateur de solde de tout compte CDI sous Excel :
- Col. A : Nature de l’indemnité.
- Col. B : Base (jours, mois, ancienneté…).
- Col. C : Formule (ex. : =Salaire/21,67*JoursConges).
- Col. D : Résultat brut.
Une simple fonction SOMME et vous voilà fixé.
La check-list “bulletin en main”
Au moment de la remise des documents, passez en revue :
- les dates de début/fin de contrat ;
- votre ancienneté exacte ;
- le solde de congés et RTT ;
- les primes bien proratisées ;
- le type d’indemnité appliquée (légale ou conventionnelle) ;
- le détail brut et net de chaque poste.
6. Fiscalité, cotisations et versement du solde
Quelles retenues ?
Tout ne passe pas à la même sauce :
- Sujets à cotisations : salaires, préavis, congés, RTT, primes.
- Exonérations (plafonnées) : indemnités de licenciement ou de rupture conventionnelle.
Les plafonds varient ; un coup d’œil aux notices Urssaf ou à votre comptable reste avisé.
Et le prélèvement à la source ?
Le fisc prélève directement sur la plupart des montants imposables : salaire, préavis, congés, primes, fraction imposable des indemnités… Le net reçu peut donc paraître plus léger que le brut annoncé ; pas de panique, c’est l’impôt.
Quand l’argent arrive-t-il ?
Virement, chèque, ou mode habituel : le paiement doit intervenir en même temps que la remise des documents, ou, à défaut, à la date de paie. Hors délai ? Une mise en demeure, puis, si besoin, le passage devant le Conseil de prud’hommes, remettront les pendules à l’heure.
7. Contestation et recours : comment réagir en cas d’erreur ?
Le délai de 6 mois (ou 3 ans)
Reçu signé ? Vous avez 6 mois pour le dénoncer. Non signé ? Le délai grimpe à 3 ans pour tout ce qui touche aux salaires.
Devant le Conseil de prud’hommes
Si la discussion amiable échoue :
- Saisine du Conseil de prud’hommes (lieu du travail ou du siège de l’entreprise).
- Demande de rappel des sommes + éventuels dommages-intérêts.
Les impressions du simulateur, vos bulletins et votre contrat seront vos meilleures pièces.
Un courrier-type pour contester
Objet : Contestation de mon solde de tout compte
Madame, Monsieur,
Je, soussigné(e) [Nom, Prénom], ex-salarié(e) de votre société en qualité de [poste], dont le CDI a pris fin le [date], conteste le montant du solde de tout compte reçu le [date].
Après vérification, les points suivants semblent incorrects :
- [Indemnité compensatrice de congés payés pour X jours restants]
- [Indemnité de préavis non versée]
- [Indemnité de licenciement calculée sur un salaire erroné]
Je vous remercie de bien vouloir régulariser la somme de [montant] € brut sous 15 jours. À défaut, je saisirai le Conseil de prud’hommes compétent.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.
[Signature]
Conclusion : le simulateur, oui… mais l’œil critique surtout !
Le solde de tout compte CDI simulateur est un allié précieux pour vérifier la cohérence des montants proposés. Pourtant, rien ne remplace un contrôle minutieux : salaire, congés (1/10e ou 1/120e), préavis, RTT, primes, indemnités de licenciement ou de rupture conventionnelle, sans oublier les charges et la fiscalité. Vous doutez ? Couchez vos griefs sur papier et, si nécessaire, faites valoir vos droits devant le Conseil de prud’hommes. Votre portefeuille vous dira merci.
Questions fréquentes sur le solde de tout compte CDI simulateur
Comment calculer mon solde de tout compte en CDI ?
Pour calculer votre solde de tout compte en CDI, additionnez votre dernier salaire, l’indemnité compensatrice de congés payés, les primes éventuelles et les indemnités de préavis ou RTT non pris. Utilisez un simulateur pour une estimation rapide et précise.
Comment calculer les 1,80 dans le solde de tout compte ?
Le 1,80 correspond à une fraction (1/120e) utilisée pour certaines indemnités de rupture. Multipliez votre salaire brut mensuel par 1,80 pour obtenir le montant dû. Les logiciels de paie effectuent généralement ce calcul automatiquement.
Quelles indemnités sont incluses dans le solde de tout compte en CDI ?
Le solde de tout compte inclut le dernier salaire, les congés payés non pris, les primes proratisées, les indemnités de préavis ou RTT non effectués, et toute autre somme due (heures supplémentaires, bonus, etc.).
Quand l’employeur doit-il verser le solde de tout compte ?
L’employeur doit verser le solde de tout compte au plus tard à la date habituelle de paie ou le dernier jour travaillé si le contrat se termine ce jour-là.
Que faire en cas d’erreur dans le solde de tout compte ?
En cas d’erreur, contestez par écrit auprès de votre employeur. Si le litige persiste, saisissez le Conseil de prud’hommes dans un délai de 6 mois après signature du reçu ou 3 ans sans signature.

